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le monteur vidéo, Un métier de l'image et du son

Qu'est-ce que le montage vidéo ?

Le montage vidéo, c’est tout d’abord l’action qui consiste à sélectionner des images enregistrées sur un support électronique et à les assembler en une suite cohérente ou d’expression artistique. Il est l’une des étapes importantes de la post-production puisque le monteur vidéo est effectivement celui qui récupère le film en morceau et qui le met en forme. Expliqué plus simplement, le monteur vidéo sélectionne, modifie, traite, et assemble plusieurs séquences vidéo afin d’en faire un ensemble cohérent (ou non) et continu, appelé film ou vidéo.

Métier aujourd’hui de l’informatique, le monteur vidéo suit le cours de la technologie numérique, de son évolution constante et des nouvelles que l’on nous propose régulièrement. Ainsi et comme je le disais, ce métier fait partie des métiers qui ont subit de profonds bouleversements avec lors de l’avènement de la technologie numérique. C’est notamment dans les années 90 que les premiers logiciels de montage vidéo sont commercialisés (Adobe Première Pro tout d’abord puis Final Cut Pro). Le montage vidéo avait déjà un certain essor grand public puisqu’il était déjà en quelques sortes à la portée de tout le monde mais avec les progrès de l’informatique il s’est grandement intensifié. Aujourd’hui, il suffit de souscrire à un abonnement ou de payer une licence pour pouvoir faire du montage vidéo, sans parler des logiciels de montage gratuit.

monteur vidéo logiciel

Mais alors en quoi consiste le travail du monteur vidéo ?

Le monteur vidéo fait tout d’abord l’acquisition ou la numérisation des données vidéos provenant d’une source vidéo externe, telle qu’un caméscope ou un magnétoscope, vers le disque dur d’un ordinateur ou d’un serveur vidéo. Mais la numérisation ne consiste pas uniquement à capturer et enregistrer des sources audio et vidéo. Cette opération permet également lors de la phase d’identification, appelée aussi « dérushage », d’enrichir une fiche associée au fichier vidéo. On donne à ce fichier vidéo un titre, une numérotation et une localisation temporelle de chaque plan, la description du plan, les éléments techniques, optiques et artistiques, la nature du plan et l’action avec une description de la scène et des personnages en situation. Cette fiche permet ensuite un archivage méticuleux et organisé, si ensuite lors du montage un plan doit être utiliser, on doit pouvoir le retrouver avec aisance et facilité. Il facilite donc la recherche d’un plan si une séquence doit être complété, si on doit trouver un sujet en particulier, etc…

Le monteur vidéo sélectionne également lors de ce processus un format qualitatif du fichier, tant pour la vidéo que pour l’audio en choisissant un codec approprié et ce, en fonction de l’utilisation que l’on compte faire du ou des fichiers, en fonction de la distribution que l’on compte en faire (Internet nécessite par exemple une compression maximale). Il s’agit ensuite de trier, d’organiser et archiver les différents fichiers directement sur le logiciel mais aussi dans un dossier au sein de son ordinateur.

Appuyé (ou non) du réalisateur, le monteur vidéo procède ensuite au montage. Il suit la continuité du scénario et du découpage technique réalisés avant le tournage et il assemble les différentes séquences vidéos pour former le film. On estime qu’un monteur professionnel monte en moyenne deux minutes par jour. Le travail du monteur est conséquent et, le plus surprenant, il est fait pour ne pas être vu. Un montage réussi, c’est un montage qui ne se voit pas. C’est lorsque à l’écran et lors d’un visionnage tout nous semble « normal » et rien nous choque particulièrement, tout nous semble fluide et compréhensif. Si on ressent parfois une sensation étrange, si on est dans l’incompréhension ou que l’on ne parvienne pas à s’identifier, à spatialiser le lieu où l’on se trouve dans un film, c’est qu’il s’agit peut-être d’une faute de montage (si dans le cas contraire ce n’est pas un effet voulu). Puisque le montage sert également à cet effet. On utilise notamment lors des dialogues le champ-contre-champ qui sert justement à spatialiser l’endroit où les acteurs se trouvent. Bien sûr, il existe de nombreuses méthodologies, de nombreuses techniques et de nombreuses règles au cinéma, il est important de les connaître pour pouvoir se les approprier et pour pouvoir jouer avec elle.

Mais il en était tout autrement avant. Le montage vidéo était plus complexe, plus long, plus méthodique et plus fastidieux aussi. Il s’effectuait avec des pellicules cinématographiques, l’opérateur repérait visuellement sur celles-ci les coupes à réaliser puis la découpait en suivant précisément le tracé afin de conserver autant que possible la continuité du scénario. Il assemblait ensuite les différents segments des bandes magnétiques avec un adhésif avec de former le film. On utilise aujourd’hui encore des termes qui a première vue n’ont aucun sens mais qui en réalité font appel à un minimum de connaissance en l’histoire de ce métier. Par exemple, le mot « bin » fait référence aux poubelles que le monteur vidéo utilisait lors du découpage des bandes magnétiques.

Le montage vidéo, c’est aussi ajouter les transitions entre les plans, l’habillage sonore, la musique, les titres et génériques, l’étalonnage et les effets spéciaux.

Les Transitions

Il existe dans le cinéma de nombreuses transitions. Cependant, nous n’allons nous attarder que sur ces trois qui sont estimés en général comme les plus utilisés :

  • Le fondu enchaîné : Il suggère en premier lieu le rêve mais il est également utilisé dans les scènes à forte intensité émotionnelle.
  • La transition franche : On passe tout simplement d’un plan à l’autre sans aucun effet de transition. La transition franche permet de suggérer une continuité dans le temps et l’espace. Le cadre est alors ici très importante puisque cette transition brutale doit rester fluide et contrôlée.
  • Le fondu au noir : On l’utilise souvent entre deux scènes lorsque l’on veut évoquer une ellipse temporelle.

L'Habillage sonore

Le bruitage est un métier à part entière et ce depuis toujours puisqu’il pouvait arriver, au début du cinéma, lorsque les films étaient encore muet, qu’un bruiteur dans la salle réalise ses bruitages en temps réel. Ainsi, une fois que le bruiteur a réalisé ses sons, le monteur vidéo doit les ajouter à son montage. Bien sûr, il existe des banques d’archive de bruitage. C’est ainsi que l’on retrouve notamment des bruitages célèbres comme le cri de Wihelm, vous savez ? Ce cri que l’on retrouve dans tout les films qui aujourd’hui est littéralement une blague entre monteur.

L’habillage sonore consiste aussi à ajouter les voix enregistrés tel que les voix off. Il est important alors à ce moment, et il en est de même pour les bruitages, de s’assurer que les sons soient claires, qu’ils aient un volume suffisamment élevé sans être saturé. Il faut également les normaliser, c’est-à-dire s’assurer qu’ils soient tous plus ou moins au même volume tout au long du film. C’est une étape importante qui aujourd’hui, mine de rien, est parfois trop laisser à la légère et je suis certain que vous savez de quoi je parle. Vous n’en avez pas marre de monter et de baisser sans cesse le son lorsque vous regardez un film à la télé ? Vous avez pas l’impression d’avoir les tympans explosés après une scène d’action fulgurante au cinéma ?

 

Monteur vidéo mixage

La Musique

Dans un film, on peut utiliser de la musique pour impacter voir impliquer le spectateur. Il existe un exercice simple et qui rend bien compte de l’importance de la musique dans un film. Utilisez-y une séquence d’image neutre et muette, par exemple, le défilement du paysage dans un train. Ajoutez-y une musique d’action, une musique douce, une musique à suspense ou quelques soient la musique et ces images n’auront pas le même impact sur vous.

Ainsi, la musique se complète général avec le montage, elle joue avec les images. Ils doivent être en parfaite harmonie et doivent vouloir dire quelques choses. La musique doit appuyer et ne doit pas combler un vide.

Sachez qu’il est illégal de vous servir, dans vos films, de musiques sous copyright, sauf s’ils sont destinés à un usage privé ou personnel et qu’ils ne sont ni à but commercial ni diffusés sur un quelconque support. Le mieux, c’est de les composer vous-même, de faire appel à un compositeur, ou d’utiliser des musiques libre de droit ou tombée dans le domaine public.

Les Titres et les Génériques

La longueur d’un générique doit être proportionnelle à celle d’un film. On utilise parfois des éléments graphiques ou des bêtisiers pour pousser le spectateur à rester jusqu’à la fin du générique. C’est le cas notamment pour les comédies ou les films de super-héros (surtout Marvel) qui utilisent également un autre procédé que l’on appelle les fins cachés ou les fins bonus qui peuvent servir de cliffhanger, c’est ce qui nous donne l’irrésistible et irrépressible envie de voir la suite (utiliser énormément dans les séries et qui nous pousse à voir l’épisode suivant).

Pour le titrage, il est important de rester sobre. Les logiciels que l’on utilise aujourd’hui proposent des bibliothèques de titres animés ou non. On trouve également sur internet une multitude de tutoriels pour réaliser ses propre titres et logos animés. Cette animation et la typographie que vous choisirez pour la mettre en forme sont la charte graphique que vous donnerez à votre film, son identité.

monteur vidéo étalonnage

L’étalonnage

L’étalonnage est le métier de la couleur et de l’ambiance d’un film. Étalonner une vidéo, c’est le travail qui consiste à améliorer le rendu visuel d’un film et qui contribuera à lui créer une ambiance esthétique. La manière la plus simple de se rendre compte de ce travail est de trouver le making-of d’un film où par exemple l’ambiance y est particulièrement sombre. Observer les différences entre les images du tournage et celles du rendu final.

L’étalonnage, en clair, c’est toute la gestion de la couleur, de la luminosité et du contraste des images, c’est l’utilisation de filtres et d’effets pour apporter une ambiance unique en respectant la charte graphique de son film.

Les effets spéciaux

Il existe plusieurs types d’effets spéciaux : les effets spéciaux 2D et les effets spéciaux 3D. Leur utilisation est multiple et variée. On peut créer des clones, créer un personnage, modifier un paysage, réaliser des animations, etc… C’est grâce notamment au fond vert que l’on crée ces effets spéciaux. Ils permettent de créer tout un univers en gardant une cohérence à l’image. Mais il facilite également le travail d’une équipe de tournage dans un sens puisqu’il évite la recherche d’un lieu de tournage, la construction de maquette et de décors et toutes les démarches qui en découlent. Mais le fond vert dénaturalise-t-il le cinéma ? Les acteurs jouent constamment devant un fond vert, ils n’ont plus réellement de repère, est-ce que cela bouleverse la magie du cinéma ? C’est aujourd’hui un débat compliqué et que nous nous permettrons pas (tout de suite) d’y répondre.

Pourquoi utilise-t-on un fond vert (ou bleu)? Simplement parce qu’il s’agit de la couleur la plus éloigné des tons de la peau humaine. Les capteurs des caméras vidéos sont également plus sensibles à la couleur verte. De plus, grâce à cette sensibilité accrue des capteurs pour la couleur verte, cette couleur nécessite aussi moins de lumière pour pouvoir fonctionner.

La couleur bleue, de son côté, a été utilisée dans le cinéma bien avant l’apparition des techniques numériques modernes. En effet, en tournage sur pellicule, l’utilisation du bleu était liée au fait que la couche d’émulsion bleu du film avait « les plus beaux cristaux » et donc plus de détails pour un minimum de grain. Mais en contre-partie, le bleu nécessite d’avoir plus de lumière pour fonctionner que le vert et est donc plus difficile à utiliser.

Un tournage sur fond vert est une opportunité technique très intéressante pour truquer, réinventer, créer mais les méthodes de tournage sont très complexe et peuvent vite devenir un problème pour la réalisation d’un film ou d’une vidéo.

 

L'exportation et la diffusion

Après avoir finaliser le montage, y avoir ajouter tout les éléments nécessaires pour compléter son film, il faut désormais l’exporter. L’exportation, c’est l’action qui impose au monteur vidéo le choix d’un format.  Ce choix dépend également de la plateforme sur laquelle on souhaite diffuser son film, on peut approximativement tous les utilisées sur internet par exemple mais certains sont mieux adaptés que d’autres. Il existe une multitude de formats mais les plus connus et les plus utilisés sont les suivants.

  • Le format AVI : En réalité, AVI est un fichier conteneur et non un format vidéo. On n’exporte techniquement pas au format AVI. On exporte plutôt dans un format (codec) qui sera encapsulé dans un fichier AVI. En clair, on peut par exemple choisir une exportation en MPEG4 dans de l’AVI.
  • Le format MPEG-Vidéo : Il s’agit du format MPEG2, c’est un format utilisé pour graver sur un DVD ou si le fichier source est également MPEG2.
  • Le format HDV : Il s’agit là aussi du format MPEG2 mais dont la résolution 1080i a une résolution réelle 1440×1080. Ainsi, vous l’utiliserez si le fichier source est en HDV.
  • Le format QuickTime Movie (MOV) : L’exportation en .mov sera utile pour une diffusion sur Internet ou pour une application Apple.
  • Le format MPEG4 : Il s’agit probablement du meilleur format, il est complexe et nécessite un bon paramétrage mais le résultat n’en est que meilleur et on obtient une exportation de bonne qualité. C’est notamment le format utilisé pour la majorité des vidéos Youtube.
  • Les formats FLV et F4V (Flash Vidéo) : Ce sont des conteneurs qui utilisent une variante du MPEG4, appelé aussi H264. Ces formats permettent notamment de diffuser sur Internet et ne sont lisibles que par certains types de lecteurs (VLC, Flash Player, etc…).
monteur vidéo enregistrement

Mais alors quels sont les qualités requises pour un monteur vidéo ?

Le métier de monteur vidéo est passionnant et intéressant, sa liberté de créations est presque sans limite mais il faut bien savoir qu’il n’est jamais sous les projecteurs contrairement au réalisateur avec qui il travaille. Artiste avant tout, le métier de monteur vidéo consiste également à suggérer au réalisateur des directions créatives issues de ses connaissances, de son imagination. Il doit donc en premier lieu faire preuve de concentration et de détermination pour les faire appliquer. Le dialogue avec le réalisateur étant particulièrement important et parfois délicat, l’attention et l’écoute est primordiale. De ce fait, il est nécessaire d’avoir une certaine dose de diplomatie, de modestie et de loyauté envers l’oeuvre et le projet du réalisateur.

Puisqu’il s’agit d’un métier de l’image et du son, le monteur vidéo doit se doter de compétences techniques et informatiques pour pouvoir maîtriser les logiciels de montage qu’il aura à utiliser quotidiennement. Pour gagner en efficacité, le monteur vidéo se doit d’être attentif, organisé et méticuleux pour pouvoir manipuler les différents dossiers vidéos et audios qu’il aura sous la main.